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TRANSITIONS AGRICOLES : les solutions existent !

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Les Chambres d’agriculture, avec CERFRANCE CNEIDF, analysent la situation de cette fin de campagne et concluent à une année 2020, une année de rupture et de paradoxe. L’Agriculture et les Agriculteurs doivent afficher leur capacité de création, développement pour limiter l’impact des différentes crises.

Alors 2020, année de rupture mais aussi de paradoxes pour les agricultures de nos départements avec un constat unanime: tous les secteurs (en dehors des productions et organisations qui font aujourd’hui figure de niches) sont impactées par les multiples crises climatiques, sociétales et économiques.

L’année 2020 est une année paradoxale car les agriculteurs mis en avant pendant la crise sanitaire sont toujours autant remis en question vis-à-vis de leurs pratiques (bien-être animal, phyto, irrigation, climat…).

Pourtant, l’agriculture dispose de solutions pour challenger les transitions alimentaires, climatiques et agro écologiques avec des agriculteurs de plus en plus formés et compétents, rompus aux nouvelles technologies, diversifiant de plus en plus leur méthodes de travail…

Ils doivent de plus en plus chercher d’autres sources de revenu. L’acte de production alimentaire ne garantissant pas toujours des ressources suffisantes à l’agriculteur et sa famille.

 

Enfin, les écarts entre exploitants s’accroissent.

Les causes sont multiples et variables, souvent liées au revenu, à l’isolement professionnel et personnel, à la capacité d’assumer le stress consécutifs aux accidents climatiques et à la pression administrative et sociétale. Un constat à vérifier sur le long terme : le nombre d’agriculteurs recensé par la cellule REAGIR pour raison économique à tendance à baisser alors qu’il augmente pour des raisons humaines, administratives et sociales.

C’est donc la capacité de chacun à se remettre en perspective, à se projeter dans un futur pavé d’incertitudes qu’il faut désormais accompagner.

Ainsi, les projets et initiatives individuelles ou collectives d’agriculteurs ne baissent pas voire augmentent surtout sur des projets atypiques tandis que le nombre d’installation reste stable dans un contexte où il va falloir renouveler toute une génération d’agriculteurs.

 

En résumé

Année agricole 2020 : l’année de tous les écarts

L’année agricole 2020 a mal commencé : un automne 2019 pluvieux, suivant un été sec et précédant un hiver doux et très humide.

DES SEMIS TARDIFS ET DE MAUVAISES IMPLANTATIONS
Les céréales d’hiver démarraient mal cette nouvelle campagne en début du confinement. Le colza -lorsqu’il n’a pas subi la sécheresse à son implantation- a souffert des attaques de grosses altises fragilisant la culture. Les cultures de printemps ont, dès l’implantation, subi le temps sec aggravé par les chaleurs de début d’été. Les cultures d’été ont connu une implantation très favorable (mois de mai et juin doux et arrosés) mais ont été assommées par les chaleurs et la sécheresse de juillet (notamment le maïs) et des mois d’août et septembre dans les secteurs peu arrosés par les orages (Barrois et Champagne Crayeuse).
La betterave subit la jaunisse conjuguée à la sécheresse (on craint des pertes record) tandis que la vigne a passé l’été sans encombre; la récolte se termine aujourd’hui avec une appellation à un niveau historiquement bas dans un marché incertain.

DES RENDEMENTS TRES VARIABLES ET QUELQUES SITUATION DE QUALITE
En matière de rendement, seul le blé tire son épingle du jeu, les autres cultures sont en retrait. Point positif, la qualité est au rendez-vous.
Concernant le bio, les rendements décrochent fortement surtout pour les cultures de printemps et d’été avec en plus de mauvaises qualités, problématique pour ce type de culture.
Pour les fourrages, les premières coupes d’herbe, les méteils et bien sûr le maïs subissent de fortes pertes de rendement. Les deuxièmes coupes ont été de bonnes qualités (sauf en secteurs séchant) mais ne compensent pas le déficit qui sera particulièrement sensible dans le Barrois et les secteurs non arrosés (jusqu’à 50 % de pertes sur certaines fermes).

DES PERTES ECONOMIQUES POUR TOUS LES SECTEURS
En grandes cultures, nous estimons une perte en chiffre d’affaire de 50 € par ha en Champagne Crayeuse avec 70 % des cultures récoltées mi-août et de 180 € par ha en Barrois avec plus de 80 % des cultures récoltées. Nous attendons l’analyse de l’impact des assurances climatiques, des dernières cultures récoltées et des charges pour évaluer la perte de revenu.
En élevage, nous devons croiser les pertes économiques liées à la Crise COVID 19 et attendre les résultats des dernières récoltes et l’impact des pluies d’automne pour évaluer la perte économique de l’année.

Globalement en zone intermédiaire, l’agriculture depuis 2015 doit assumer 2 années climatiques avec fort aléas sur 5 années que ce soit pour l’élevage ou les grandes cultures.
En Champagne crayeuse, il n’y a plus eu d’année agricole favorable depuis 2015 même si les résultats restent encore positifs.
La viticulture qui subissait une érosion des ventes doit maintenant se mettre en perspective suite à la Crise COVID 19.

Au niveau économique, cette campagne 2020 risque d’être comparable à celle de 2016 alors qu’on pensait n’en connaître qu’une dans sa vie et n’épargne aucun secteur agricole.
Définitivement, le changement climatique devient une donnée incontournable à intégrer dans la gestion de l’activité agricole avec des écarts qui se creusent entre les agriculteurs et les régions naturelles.
Si les fondamentaux de la gestion ne sont forcément remis en question, si certaines zones à bon potentiel arrivent encore à tirer leur épingle du jeu, la situation devient de plus en plus complexe dans les zones à faible potentiel notamment pour les structures de taille réduite sans diversification d’activité et les exploitations de polyculture élevage.